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Divorce en france : partage des biens à l'étranger

  • gparastatis
  • 26 juin
  • 9 min de lecture

Sommaire


  • La loi applicable au partage du patrimoine international lors du divorce

  • Partage des biens immobiliers à l'étranger selon le régime matrimonial

  • Reconnaissance du divorce, fiscalité et coûts du partage international


En matière de divorce international, le tribunal saisi pour statuer sur la rupture ne fixe pas nécessairement la loi applicable au régime matrimonial ni au bien immobilier situé à l'étranger : ce sont deux questions distinctes, régies par des règles différentes. On combine ici le droit international privé, un règlement européen, le Code civil et, selon les cas, la loi du pays où le patrimoine est situé. Si ce point est mal posé au départ, le partage du patrimoine devient plus long, plus coûteux, et parfois franchement déséquilibré.


La loi applicable au partage du patrimoine international lors du divorce


Deux textes européens structurent la procédure, mais pas sur le même terrain : Bruxelles II ter fixe la compétence et le tribunal compétent pour le divorce, tandis que Rome III désigne la loi applicable au divorce lui-même. Rome III est entré en vigueur en France le 21 juin 2012. En revanche, il ne règle pas les effets patrimoniaux du divorce : la loi applicable au régime matrimonial obéit à d'autres règles.



Le tribunal compétent en matière de divorce international


Le règlement Bruxelles II ter pose une hiérarchie précise : résidence habituelle commune des époux, dernière résidence habituelle commune, résidence du défendeur, puis résidence du demandeur, avec un délai de six mois dans certains cas et d'un an dans les autres. Cette grille désigne la juridiction compétente au sein de l'Union européenne.


Hors Union européenne, l'article 1070 du Code de procédure civile et les articles 14 et 15 du Code civil reprennent la main. Un tribunal français peut rester compétent si l'un des époux a la nationalité française, même lorsque les deux vivent à l'étranger. Ce privilège de compétence pèse souvent lourd quand deux États peuvent, chacun, se déclarer compétents.


Le dossier devient international dès qu'apparaît un élément d'extranéité : nationalité étrangère, mariage célébré hors de France, résidence durable à l'étranger, ou immobilier situé à l'étranger. Le choix du tribunal compétent influence alors la procédure, le coût du dossier et parfois le cadre juridique du partage : partage biens étrangers.


Choisir la loi applicable pour protéger le patrimoine


Rome III permet aux époux de choisir la loi applicable au divorce par accord écrit, daté et signé. C'est souvent le levier le plus efficace pour éviter une loi par défaut défavorable. Quand ce choix est possible, une rédaction claire et anticipée protège mieux qu'une discussion ouverte une fois la procédure engagée.


Faute d'accord entre les époux, Rome III applique une cascade de rattachements : la loi de la résidence habituelle commune, celle de la dernière résidence habituelle commune dans certaines hypothèses, la loi de la nationalité commune, puis la loi du for. Si le dossier est porté devant un tribunal français, la loi française peut parfois être retenue au terme de cette logique. Mieux vaut verrouiller ce choix avant que la règle de conflit ne l'impose à votre place.


Le régime matrimonial et le bien immobilier situé à l'étranger ne suivent pas toujours la même loi


Un bien immobilier situé à l'étranger reste, pour tout ce qui touche à son statut réel, soumis à la loi du pays où il se trouve. C'est la logique de la lex rei sitae : transfert de propriété, publicité foncière, enregistrement, opposabilité aux tiers. Autrement dit, un jugement de divorce ne suffit pas toujours, à lui seul, à régler le sort d'un immobilier situé à l'étranger.


Le règlement européen n° 2016/1103, applicable dans plusieurs États membres participants, traite de la loi applicable au régime matrimonial. Il retient en principe la première résidence habituelle commune après le mariage, puis la nationalité commune, puis l'État présentant les liens les plus étroits. Pour les couples mariés avec des attaches dans plusieurs pays, c'est souvent ce texte qui commande le sort du patrimoine commun, y compris des biens acquis à l'étranger.


Un changement de pays après le mariage peut produire des effets lourds. Dans certains cas, la mutabilité du régime matrimonial peut modifier les droits de chacun sur les biens acquis à l'étranger après l'installation dans un autre État. Avant toute discussion sur le partage, il faut identifier précisément la loi applicable au régime matrimonial et distinguer ce qui relève de la loi française, de la loi locale du bien immobilier situé à l'étranger, ou d'un autre système de droit international.


Les règles européennes sur les régimes patrimoniaux permettent aussi de déterminer la juridiction compétente et la circulation des décisions entre États membres. Pour un couple concerné par un divorce international, ce cadre sécurise le traitement d'un patrimoine dispersé dans plusieurs pays : régime patrimonial international.


Partage des biens immobiliers à l'étranger selon le régime matrimonial


La loi applicable au régime matrimonial détermine d'abord une chose très concrète : quels biens entrent dans la liquidation du régime matrimonial, et quels biens restent personnels. C'est le point de départ de toute procédure de partage. Un divorce prononcé en France par un juge français n'impose pas automatiquement la loi française pour le patrimoine, surtout en présence d'un bien immobilier situé à l'étranger ou d'un couple ayant une histoire internationale.



Communauté ou séparation : ce que change le régime matrimonial pour un bien situé à l'étranger


Sous un régime matrimonial de communauté réduite aux acquêts, un bien situé à l'étranger acheté pendant le mariage entre en principe dans la communauté. À l'inverse, sous un régime de séparation, chaque époux conserve les biens acquis en son nom, sauf indivision particulière. Avant toute discussion sur le partage, il faut donc identifier la loi applicable au régime matrimonial et le droit applicable au bien.


Une maison achetée en Algérie pendant le mariage entre en principe dans la communauté si le régime matrimonial des époux est un régime de communauté et si les fonds utilisés étaient communs. Ensuite, le traitement concret du bien dépend du droit applicable dans le pays où l'immeuble est situé, car le statut réel d'un bien immobilier situé à l'étranger reste gouverné par la loi du lieu de situation.


  • Régime de communauté : les biens acquis pendant le mariage, y compris les biens immobiliers détenus à l'étranger, entrent en principe dans la masse commune et sont intégrés à la liquidation du régime matrimonial.

  • Régime de séparation : chaque époux conserve ses acquisitions personnelles, même si l'immobilier situé à l'étranger a une valeur importante dans le patrimoine du couple.

  • Mutabilité du régime : un changement durable de pays de résidence peut modifier la loi applicable au régime matrimonial; ce contrôle doit être fait avant d'engager la procédure de partage.


Pour un bien immobilier situé à l'étranger relevant de la communauté, trois solutions dominent : vente puis répartition du prix, attribution à l'un des époux avec soulte, ou maintien temporaire en indivision. Je privilégierais, sauf intérêt patrimonial précis, la vente ou l'attribution claire. Laisser durer l'indivision après la séparation entretient un contentieux presque mécanique.


Divorce en France, partage des biens au Maroc ou en Algérie : ce qui se passe réellement


Dans un divorce en France avec partage des biens au Maroc, le jugement français fixe les droits des époux, mais il ne transfère pas à lui seul la propriété au Maroc. Il faut un notaire local pour enregistrer l'opération. La convention bilatérale franco-marocaine de 1981 facilite la reconnaissance, pas les formalités foncières locales.


Pour un bien immobilier situé à l'étranger en Algérie, le mécanisme est le même dans son principe : la qualification du bien peut relever du régime matrimonial, mais l'exécution matérielle du partage obéit au droit algérien. Autrement dit, la loi applicable au régime matrimonial répond à la question de la communauté ou de la propriété personnelle; la loi du lieu répond à la question du transfert effectif. Retenez ce réflexe : un jugement français ne remplace jamais les démarches locales.


Pays de situation du bien

Convention avec la France

Intervenant local requis

Délai de reconnaissance estimé

Maroc

Oui, convention bilatérale de 1981

Oui, notaire marocain

3 à 6 mois

Algérie

Oui, convention de 1964 et protocoles

Oui, autorités algériennes

6 à 12 mois

Espagne (UE)

Bruxelles II ter

Oui, notaire espagnol

1 à 3 mois

États-Unis

Non, exequatur État par État

Oui, attorney local

12 à 24 mois


Le notaire reste la pièce centrale de la liquidation du régime matrimonial international


Il identifie le patrimoine à partager, prépare l'acte et sécurise la circulation du dossier entre la France et l'étranger. Dès qu'il existe un bien immobilier situé à l'étranger, ou plusieurs biens immobiliers détenus à l'étranger, son intervention devient le pivot de la procédure de partage.


  • Évaluation du patrimoine : le notaire recense les actifs, les dettes, les récompenses éventuelles et les droits de chacun dans la communauté ou après séparation.

  • Acte de partage : il formalise la liquidation du régime matrimonial dans un acte exploitable par les autorités locales.

  • Coordination internationale : il travaille avec le professionnel du pays concerné pour assurer la reconnaissance et l'enregistrement du transfert.


Les traductions assermentées, certifications et formalités foncières locales allongent les délais. Côté budget, il faut souvent prévoir entre 3 000 et 10 000 euros selon le pays, le nombre de biens et la difficulté du dossier. Ce chiffrage doit être anticipé avant le divorce, pas après.


La loi applicable, le droit applicable au bien, le régime matrimonial et la reconnaissance locale doivent être traités dans le bon ordre.


Reconnaissance du divorce, fiscalité et coûts du partage international


Le règlement européen Bruxelles II ter permet, dans l’Union européenne, la reconnaissance automatique d’un jugement français de divorce international sans exequatur. Encore faut-il que la stratégie ait été pensée avant le prononcé du divorce : choisir la juridiction compétente, vérifier la compétence du juge saisi, recenser chaque bien situé à l’étranger et organiser l’exécution du jugement là où se trouve réellement le patrimoine. Pour sécuriser un divorce comportant des biens à l’étranger, le point de départ est toujours le même : vérifier si le pays où se trouve le patrimoine reconnaîtra la décision française avant même d’engager la procédure : divorce international biens.


La reconnaissance du divorce ne se présume pas hors de la bonne juridiction


Un jugement de divorce n’a d’effet utile que s’il est reconnu dans le pays où se trouve le patrimoine. Sans cette reconnaissance, l’ex-époux qui a obtenu un bien situé à l’étranger peut se heurter aux banques, aux registres fonciers, aux administrations locales ou au notaire chargé d’un transfert.


  • Union européenne : le règlement européen Bruxelles II ter assure la reconnaissance de plein droit du jugement français dans les États membres. Aucun exequatur n’est en principe nécessaire.

  • Pays liés par une convention bilatérale : la France a conclu avec certains États, notamment le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie, une convention bilatérale de coopération judiciaire. La procédure suit alors le cadre prévu par ce texte, souvent plus simple qu’une reconnaissance de droit commun.

  • Pays sans convention : une procédure locale d’exequatur reste indispensable. Le juge étranger contrôle en général la compétence de la décision, la régularité de la procédure, la conformité à l’ordre public local, l’absence de fraude et le rattachement suffisant du litige.

  • Divorce par consentement mutuel sans juge : le divorce par consentement mutuel déjudiciarisé depuis 2017 circule mal hors UE. Beaucoup d’États refusent de reconnaître un acte sans décision judiciaire, ce qui oblige parfois à recommencer une procédure à l’étranger.


Le risque est immédiat : rester marié à l’étranger malgré un divorce français, ne pas pouvoir se remarier valablement, continuer à supporter certaines obligations matrimoniales, ou laisser subsister des droits successoraux au profit de l’ex-conjoint.


Si un pays hors UE est en jeu, je privilégie souvent une procédure judiciaire plutôt qu’un divorce par consentement mutuel lorsque la reconnaissance future est incertaine. Le bon réflexe est simple : vérifier avant toute signature si le pays concerné reconnaît réellement la forme de divorce choisie.


Les conséquences fiscales se jouent avant le partage du patrimoine


Un bien situé à l’étranger suit d’abord la fiscalité du pays où il se trouve. Dans un divorce international, les conséquences fiscales du partage se décident donc avant l’attribution des biens, pas au moment où l’on signe en urgence chez le notaire.


  • IFI et patrimoine étranger : les biens immobiliers détenus à l’étranger entrent dans l’assiette de l’IFI en France lorsque le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 million d’euros. Le fait qu’ils soient hors de France ne les fait pas sortir du calcul prévu par le droit français.

  • Double imposition : une convention bilatérale fiscale peut répartir l’imposition des revenus locatifs ou des plus-values entre les États. En son absence, le risque de double taxation existe et doit être traité avant le partage.

  • Droit de partage et taxes locales : en France, le partage supporte un droit d’enregistrement de 1,10 %, avec un minimum de 25 euros. Certains États taxent en plus le transfert entre ex-époux, ce qui change complètement l’équilibre économique de l’opération.

  • Dissimulation d’actifs : les comptes étrangers et l’ensemble du patrimoine doivent être déclarés. Avec les échanges automatiques d’informations bancaires FATCA et CRS, masquer des actifs devient risqué, et la sanction peut être civile autant que pénale.


Entre vente avant divorce, attribution avec soulte ou maintien provisoire en indivision, l’écart de coût peut être considérable. Avant de trancher, il faut faire vérifier les conséquences fiscales dans chaque pays concerné, surtout lorsqu’il existe des biens immobiliers détenus à l’étranger ou des revenus attachés à ces actifs.


Le partage international sérieux se prépare avec l’avocat, le notaire et la bonne compétence


Il faut en général croiser la compétence de l’avocat en droit international, du notaire en France, et d’un correspondant local quand un bien situé à l’étranger doit être vendu, attribué ou publié dans un registre foncier.


Il faut identifier, bien au-delà du juge du divorce, l’autorité compétente pour les mesures d’exécution, la liquidation du régime matrimonial, la publicité foncière et, parfois, la reconnaissance d’un acte étranger.


Les coûts montent vite : intervention d’un notaire étranger, traductions assermentées, légalisation, droits locaux, fiscalité du transfert. Pour la seule intervention notariale hors de France, la facture peut atteindre 3 000 à 10 000 euros, sans compter les frais annexes.


Quand le patrimoine est éclaté entre plusieurs pays, on gagne du temps en dressant tout de suite la carte exacte des actifs, des titres de propriété et des comptes. Avant d’engager un divorce par consentement mutuel ou une procédure contentieuse, faites vérifier la compétence, la reconnaissance future du divorce, et le coût réel du transfert de chaque actif à l’international : divorce international France.

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Cabinet Georges Parastatis

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