top of page

Délai de prescription agression sexuelle sur mineur de 15 ans

  • gparastatis
  • 8 juil.
  • 6 min de lecture

Sommaire


  • Quel délai pour porter plainte pour agression sexuelle sur mineur

  • La prescription glissante en matière d'infractions sexuelles sur mineur

  • Agression sexuelle sur mineur de 15 à 17 ans et démarches à suivre


Le délai de prescription agression sexuelle sur mineur de 15 ans ne court pas à partir de la date des faits : il commence à 18 ans, c’est-à-dire à la majorité de la victime. Pour une agression sexuelle ou une atteinte sexuelle sur mineur qualifiée de délit sexuel, le délai de prescription est de 20 ans à compter de la majorité; pour un viol commis sur un mineur, il est de 30 ans après la majorité. Si les faits remontent à plus de 20 ans après la majorité de la victime et concernent un délit, le délai de prescription est expiré; vérifiez d’abord la qualification avant toute démarche.


Quel délai pour porter plainte pour agression sexuelle sur mineur


Une infraction sexuelle commise sur un mineur bénéficie d’un régime dérogatoire de prescription en matière pénale : le délai de prescription ne part pas du jour des faits, mais à compter de la majorité. Pour une victime mineure au moment des faits, le premier réflexe consiste donc à calculer le délai à partir des 18 ans, pas à partir de la date de l’infraction.



20 Ou 30 ans selon la qualification de l’infraction


Le point à vérifier d’abord, c’est la qualification pénale. Une agression sexuelle commise sur un mineur de moins de 15 ans relève en principe d’un délai de prescription de 20 ans à compter de la majorité, soit jusqu’aux 38 ans de la victime; un viol commis sur ce même mineur relève, lui, de la prescription des crimes et peut être poursuivi jusqu’aux 48 ans de la victime.


  • Agression sexuelle (délit) : délai de prescription fixé à 20 ans à compter de la majorité, avec possibilité de porter plainte jusqu’aux 38 ans de la victime, sur le fondement des articles 222-29-1 et suivants du code pénal.

  • Viol (crime) : 30 ans après la majorité, ce qui repousse l’action jusqu’aux 48 ans de la victime; c’est le régime de prescription des crimes applicable aux infractions sexuelles les plus graves.

  • Atteinte sexuelle sur mineur (délit) : 20 ans à compter de la majorité dans le cas aggravé, avec le même horizon de poursuite qu’une agression sexuelle sur mineur.


Cette distinction n’est pas théorique. Si une affaire est requalifiée de crime en délit, ou inversement, le délai de prescription change immédiatement, et cela peut fermer ou rouvrir la possibilité d’agir. Avant de déposer plainte, il faut donc vérifier si l’on est face à une agression sexuelle, une atteinte sexuelle sur mineur ou un viol commis.


Pourquoi le délai part de la majorité de la victime


La loi part d’un constat concret : un enfant n’est pas toujours en mesure de comprendre les faits, de parler, ni d’agir seul dans le cadre d’une procédure pénale. Pour une victime majeure au moment des faits, le délai de prescription court en principe à partir du jour de l’infraction; ce régime spécial est réservé aux infractions sexuelles commises sur un mineur.


La prescription agression sexuelle sur mineur repose sur cette logique protectrice du code pénal. Le point de départ du délai se calcule donc à partir des 18 ans de la victime, ce qui change immédiatement l’analyse d’un dossier ancien.


Les représentants légaux peuvent agir avant les 18 ans


La majorité n’est pas une condition pour agir. Les parents ou représentants légaux peuvent déposer plainte dès la révélation d’une agression sexuelle, d’un délit sexuel ou d’une autre infraction commise sur un mineur.


Le report du délai ne bloque pas l’action publique : il fixe seulement la date limite si rien n’a été fait pendant l’enfance. Si aucune démarche n’a été engagée, la victime dispose ensuite du délai complet prévu par la prescription en matière pénale à compter de la majorité. Pour vérifier si une action reste possible, consultez notre page sur la prescription agression mineur.


La prescription glissante en matière d'infractions sexuelles sur mineur


Depuis la loi du 21 avril 2021, un dossier que l'on croyait prescrit peut être relancé si le même auteur commet une nouvelle infraction sexuelle sur mineur avant l'expiration du premier délai : c'est le mécanisme de la prescription glissante. En pratique, ce mécanisme change la lecture de nombreux dossiers que l'on croyait prescrits, qu'il s'agisse d'une agression sexuelle, d'un viol commis ou d'autres infractions sexuelles prévues par le code pénal.



La définition de la prescription glissante et son fonctionnement


La prescription glissante tient en une règle précise : si le même auteur commet une nouvelle infraction sexuelle sur un autre mineur avant l'expiration du premier délai de prescription, le délai initial est repoussé pour s'aligner sur celui applicable aux nouveaux faits. Cette prescription glissante, codifiée dans le code pénal, concerne les infractions sexuelles sur mineur visées par ce même code, notamment le viol, l'agression sexuelle et les atteintes sexuelles, et, depuis 2021, certaines hypothèses concernant une victime majeure de viol.


La condition à vérifier est stricte. La nouvelle infraction doit intervenir avant que la première ne soit prescrite; passé ce point, le mécanisme ne joue pas. Dans une procédure pénale, le premier réflexe est simple : vérifier les dates, la majorité de la victime au moment du point de départ légal, et l'existence d'autres poursuites visant le même auteur.


Un exemple concret de prescription glissante


Un viol commis en 2000 sur un mineur né en 1990 se prescrit en principe en 2048 : le délai court à compter de la majorité, acquise en 2008, pour une durée de 30 ans. Si le même auteur commet ensuite une agression sexuelle sur un autre mineur en 2023, avant l'expiration de ce premier délai, la prescription du crime initial peut être prolongée en fonction des faits nouveaux.


Vérifiez également si un acte d'enquête ou une information judiciaire a interrompu le délai de prescription, car cette interruption repart à zéro et peut rouvrir une fenêtre de poursuite que l'on croyait close.


Agression sexuelle sur mineur de 15 à 17 ans et démarches à suivre


Pour une agression sexuelle commise sur un mineur de 15 à 17 ans, le délai de prescription de l’action pénale est en principe de 10 ans à compter de la majorité. Concrètement, la victime peut déposer plainte jusqu’à ses 28 ans, sauf si les faits relèvent d’une qualification plus grave ou d’une circonstance aggravante.


Le délai prescription mineur 15 à 17 ans dépend d’abord de la qualification


Le point de départ ne court pas pendant la minorité : on calcule à compter de la majorité de la victime.


  • Agression sexuelle simple : 10 ans à compter de la majorité, soit une action pénale possible jusqu’aux 28 ans de la victime.

  • Atteinte sexuelle aggravée, notamment en présence d’un ascendant, de plusieurs auteurs ou de certains moyens de contact électroniques : 20 ans à compter de la majorité.

  • Viol, qui constitue un crime sexuel, y compris en cas de viol commis sur un mineur : 30 ans à compter de la majorité.


Une infraction commise alors que la victime avait 14 ans et 11 mois ne relève pas du même régime qu’une agression sexuelle subie à 15 ans révolus : dans le premier cas, pour certaines infractions sexuelles, le délai peut être plus long. Avant de déposer plainte, il faut donc vérifier la date exacte des faits et l’âge précis de la victime au jour de l’infraction.


Âge de la victime

Qualification

Délai de prescription

Plainte possible jusqu'à

Moins de 15 ans

Agression sexuelle / atteinte sexuelle aggravée

20 ans à compter de la majorité

38 ans

Moins de 15 ans

Viol

30 ans à compter de la majorité

48 ans

15 à 17 ans

Agression sexuelle simple

10 ans à compter de la majorité

28 ans

15 à 17 ans

Atteinte sexuelle aggravée

20 ans à compter de la majorité

38 ans

15 à 17 ans

Viol commis par ascendant ou en réunion

30 ans à compter de la majorité

48 ans


Porter plainte agression sexuelle mineur : la démarche et les éléments utiles


Une victime peut porter plainte dans n’importe quel commissariat, en brigade de gendarmerie ou par courrier adressé au procureur de la République; en pratique, les déclarations de la victime, des témoignages, des messages, des échanges numériques, des éléments médicaux ou psychologiques peuvent suffire à ouvrir une enquête.


Si le délai de prescription approche ou si le dossier a déjà été classé, la constitution de partie civile est souvent la voie la plus efficace. Elle permet de saisir un juge d’instruction et interrompt l’action pénale, réflexe utile quand l’auteur conteste les faits ou quand les investigations n’avancent pas.


Ce qu’il faut vérifier avant de déposer plainte pour des faits anciens


Une erreur d’un jour sur le délai de prescription peut rendre la plainte irrecevable. Il faut contrôler quatre points : la date des faits, l’âge exact du mineur au moment de l’infraction, la qualification retenue, et l’existence éventuelle d’actes interruptifs déjà accomplis dans une procédure liée.


Il faut aussi vérifier si une nouvelle infraction de nature proche, notamment des infractions sexuelles ou des faits d’agression sexuelle sur mineur commis par le même auteur, a pu avoir un effet sur la prescription : ce travail se fait dossier en main, avant toute démarche officielle.

Posts récents

Voir tout

Commentaires


Cabinet Georges Parastatis

Avocat au barreau de Paris depuis 1997. Expertise en droit pénal, droit pénal international, responsabilité médicale et droit international de la famille.

Coordonnées

89 Avenue de Villiers
75017 Paris
(Métro Wagram)

Tél : 01 44 01 58 59  - 06 79 60 25 64  

Email : ge@parastatisavocat.com

N° Siret : 41339814000090 ​

N° TVA : FR59413398140

Conseil National des Barreaux
legifrance Georges Parastatis
Georges Parastatis Avocat au Barreau de Paris
Association des Avocats Pénalistes. Georges Parastatis avocat
bottom of page